18 mois après mon passage chez Canon, qu’en est-il ?

1. Introduction : J’ai utilisé « presque » toutes les marques
18 mois, voilà 18 mois, en ce mois de décembre 2025 ou je suis passé chez Canon. Le moment de tirer un premier bilan, positif ? Voyons ça.
D’abord, retour en 2008. À l’époque, la photo, c’était pour moi juste appuyer sur un bouton… le déclencheur, c’est comme ça qu’on l’appelle ? Oui, je ne savais même pas le nom de ce bouton magique.
Sortant d’un compact d’une marque d’imprimante, je « rêvais », après avoir par curiosité feuilleté un magazine photo dans une presse, d’acheter un reflex.

Cette époque, pour la remettre dans le contexte, c’était le moment où les reflex numériques commençaient enfin à réellement concurrencer les reflex argentiques, avec des performances intéressantes. Nikon venait de lancer son vaisseau amiral, le D3, décliné en version plus compacte avec le D700 (j’en parlerai dans un autre article). Canon venait de dégainer, lui aussi, un appareil qui fera date : l’EOS 5D Mark II.
Ci-contre : Nikon D3 & Nikon D700 : à l’époque une révolution dans la photographie numérique professionnelle
On sentait venir une maturité bienvenue, et surtout une accessibilité à la photo qui n’était plus réservée aux seuls professionnels. La descente en gamme sans renier les performances se faisait sentir.
Moi, avec peu de moyens et peu de connaissances, j’ai acheté par hasard un reflex Olympus, un E-410. Ce qui m’avait attiré, c’était ses automatismes… oui oui, je pensais que les automatismes faisaient la photo.
S’en est suivi un passage chez Nikon, où j’ai commencé à vraiment apprendre les bases. Du D90 au D700, puis D600, en passant par de l’Olympus en Micro 4/3, quelques Fujifilm X Series qui m’ont marqué, puis du Panasonic hybride… et me voilà chez Canon à l’été 2024. Du Nikon D3 qui me faisait rêver aux systèmes hybrides d’aujourd’hui, sacrée évolution en près de 20 ans.
Cela ne faisait que quelques mois que je m’étais lancé à mon compte en tant que freelance. Je ne me sentais pas à l’aise avec le matériel Panasonic en photographie (en vidéo, c’était par contre excellent). Le problème venait de moi, pas de la marque : je ne retrouvais plus le plaisir de faire de la photo comme avec mes anciens Fuji.
J’ai profité, sur un coup de tête, d’une promotion chez Canon France pour un EOS R6 Mark II. Je l’ai acheté avec trois objectifs fixes parmi les moins chers de la gamme :
- RF 16mm F/2,8 STM
- RF 28mm F/2,8 STM
- RF 50mm F/1,8 STM
Ces trois objectifs représentent le bas de gamme des focales fixes plein format RF chez Canon. Pourquoi les avoir choisis ?
Très simple : si j’étais conquis par les résultats en conditions de travail avec des objectifs d’entrée de gamme, je ne pourrais que l’être avec des versions plus haut de gamme.
Le Canon EOS R6MKII et l’ancêtre et réputé Nikon D700


2. Mes premiers jours dans l’écosystème Canon
Aujourd’hui, on regarde souvent une fiche technique pour choisir un boîtier ou un objectif. Mais rien ne remplace la prise en main.
Et en parlant de prise en main… elle est parfaite.
Non, sans mentir. Ce qui est agréable avec Canon, c’est cette rondeur omniprésente partout. Que ce soit sur la poignée, les boutons ou les molettes, tout est doux en main. Même le revêtement a ce côté « rassurant ».

Pour quelqu’un comme moi, qui attache de l’importance à l’objet utilisé et aux sensations qu’il procure, j’étais conquis. La finition est correcte, mais pourrait être encore meilleure. C’est d’ailleurs ce que je reprocherai le plus à la marque : ce côté un peu « plastique » au premier abord. Mais ce n’est qu’une impression, car l’assemblage ne semble pas souffrir la critique.
Venant de Panasonic, l’ensemble paraît moins « brut » et plus travaillé. Mes doigts tombent parfaitement sur les commandes, seule la molette avant située sur le dessus déroute un peu au début. N’oublions pas que je suis à la base Nikoniste.



À noter : il y a trois molettes sur la plupart des boîtiers Canon. Celle près du déclencheur, celle sur l’épaule droite, et celle à l’arrière (parfois remplacée par un pad directionnel).
Difficile de s’en passer : j’assigne l’ouverture à l’avant, la vitesse sur la seconde, et les ISO à l’arrière. J’ai ainsi un contrôle direct de mon triangle d’exposition.
3. La Monture RF Canon, un manque d’ouverture à la concurrence ?

Le système hybride Canon repose sur la monture RF, parfois décriée pour son manque d’ouverture aux constructeurs tiers. Hormis quelques exceptions en APS-C, il faut des objectifs Canon pour profiter de l’autofocus.
C’est pour beaucoup LE point dérangeant. Mais l’est-il vraiment ?
Oui… et non.
Oui, car cela réduit le choix et augmente le ticket d’entrée pour des optiques qualitatives. Mais lorsqu’on investit plusieurs milliers d’euros dans un système, les optiques doivent rester la priorité. Est-il pertinent d’acheter un R5 Mark II à 4500 € pour ensuite économiser sur les objectifs ?
Une optique traverse plusieurs générations de boîtiers.
Cela dit, certaines marques proposent des plages focales inédites, et c’est là que ça peut manquer.
Canon a ouvert légèrement la monture en RF-S à Sigma. À mon sens, cela leur permet de se concentrer sur le plein format, l’APS-C étant souvent choisi pour des raisons de budget.
Chez Sony, la monture ouverte est souvent mise en avant. Mais on peut aussi leur reprocher de brider certaines performances avec des optiques tierces, et une gamme APS-C moins attractive.
Bref : du bon et du moins bon des deux côtés.

4. Mon setup actuel Canon
Mon setup est aujourd’hui assez complet, 18 mois plus tard. Pourquoi ? Parce que je fais à la fois photo et vidéo, dans des domaines variés.
Il se compose de 4 boîtiers et plus de 10 optiques. C’est beaucoup, oui, mais certaines sont des entrées de gamme conservées, et un boîtier est dédié aux vacances. Les trois autres servent en multi-caméra.
Je ne vais pas tout détailler, car chaque usage est différent. Mais si je devais simplifier, je choisirais la « Sainte Trinité » f/2.8 :
15-35mm, 24-70mm et 70-200mm.
J’y ajouterais le 35mm et le 85mm.
Pour les boitiers:
- Canon EOS R8 : Ce petit boitier parfois injustement mal-aimé est une vraie pépite au quotidien. Il m’a même servi professionnellement pour prendre des photos quand les 3 autres étaient sur pied en multi-caméra
- Canon EOS R6 MKII : Le premier que j’ai acheté et que je garde. J’en avais acheté un second qui a été remplacé par le R5MKII
- Canon EOS R5 MKII : Ce boitier est clairement un game changer sur le marché. Haute résolution, volet vidéo très poussé, il peut tout faire !
- Canon EOS C70 : Caméra Ciné en super 35(APS-C) c’est un vraie révélation et un bonheur à utiliser au quotidien, j’y reviendrai dans un article dédié.

Pour les optiques j’ai mes coups de coeur absolus, le 24-70mm pour son côté versatile, le 35mm qui est ma focale préférée et le 85mm F/1,2 auquel je voue une vraie passion pour cette optique superlative dans tous les sens du terme.



5. Ce que Canon fait très bien
- AUTOFOCUS : Très efficace, même en basse lumière. Fiable dans la plupart des situations. Seul point faible : le tracking d’objets, encore perfectible.
- COLORIMÉTRIE : Très stable entre les générations. Un vrai gain en post-production. C’est, pour moi, un énorme point fort.
- VIDEO : Qualité excellente, mais ergonomie parfois frustrante (menus, affichages). Le C-Log 3 n’est pas le plus simple à étalonner, surtout face au C-Log 2. Les caméras dédiées comme la C70 changent complètement l’expérience.
- ERGONOMIE : Un point fort… mais subjectif. Menus clairs, prise en main excellente. Personnalisation encore limitée parfois sans raison.
6. Les limites que j’ai rencontré
- AUTONOMIE : Correcte, mais perfectible. Le R5 Mark II est gourmand (jusqu’à 6 batteries en mariage). La C70, en revanche, est excellente.
- CHAUFFE : Bonne sur R6 Mark II, plus problématique sur R5 Mark II, attention aux longues sessions d’enregistrement en spectacle. La C70 est irréprochable.
- LIMITATIONS CODECS : On a affaire là aussi aux bizarreries Canon qui empêchent d’utiliser telle vitesse avec tel codec etc etc… on s’y perd vite notamment sur le R5MKII. Avec l’habitude on retient. Mais cela pourrait être simplifié.
- GAMME OPTIQUE RF : La gamme L est exceptionnelle. Mais l’entrée de gamme STM pose problème :
- pas de pare-soleil
- pas de tropicalisation
- motorisation bruyante
- focus breathing important
En vidéo, ces optiques sont à éviter. Et c’est là que la fermeture de la monture devient un vrai sujet pour les petits budgets.


7. Impact réel sur mon travail
On arrive ici à l’impact réel qu’a ce matériel Canon sur mon quotidien en tant que photographe vidéaste professionnel. Malgré les petits agacements énumérés ci-dessus, cela reste un matériel efficace et fiable.
- GAIN DE TEMPS ?
Oui, et surtout en photo. Canon a ce petit quelque chose qui rend l’image rapidement exploitable. Dans le domaine de l’événementiel et du corporate, cela a grandement amélioré ma productivité. En vidéo, oui aussi, mais à condition de faire attention à la correspondance entre les caméras si plusieurs sont utilisées.
Pour de la vidéo pure, sans photo, je vous invite à essayer une C70 ou une C50 : clairement, c’est énorme en termes d’efficacité. - FACILITÉ AVEC LES CLIENTS ?
Cela reste une marque qui rassure. J’aime beaucoup le rendu des teintes de peau : une certaine « chaleur » se dégage des images, et ce n’est pas pour me déplaire.
Le développement des images sous Adobe Lightroom est très propre, même sans passer par un développement linéaire. Adobe interprète bien les fichiers RAW de chez Canon, ce qui n’était pas le cas avec mes Fujifilm. - QUALITÉ LIVRÉE ?
Parfaite. Là-dessus, rien à dire.
Je nuancerais toutefois : en termes de qualité d’image, les autres marques font tout autant du bon travail. Et si la qualité se résume à une sensation de netteté, alors oui, c’est excellent chez tout le monde aujourd’hui, avec les hybrides et leurs optiques associées. - CONFORT AU QUOTIDIEN ? Là aussi, c’est très subjectif, mais c’est pour moi l’un des points forts de la marque.
Ergonomie, facilité de traitement, efficacité, et même discrétion du déclencheur : tout cela fait de Canon un sacré compagnon de route pour travailler.
CONCLUSION : Est-ce que je referais ce choix aujourd’hui ?
En 2026 : oui, sans hésiter… mais parce que la marque me correspond.
Sur le marché actuel, tout est bon, bien entendu. Et les dernières sorties de boîtiers, comme le R6 Mark III, prouvent que j’ai fait le bon choix… pour moi.
Canon se montre aujourd’hui dynamique et offensif. Mais toutes les marques ont quelque chose d’intéressant à proposer.
Vous l’aurez compris : je referais ce choix. En revanche, je ne chercherai plus à conseiller Canon à tout prix, car ce n’est pas l’essentiel.
L’important, pour chacun, est de trouver le matériel qui lui correspond et de reléguer la fiche technique au second plan. Au final, elle aura peu d’impact sur votre résultat, tant que votre curiosité et vos connaissances sont guidées par votre créativité.
Il faut s’amuser avec chaque appareil, chaque optique, et ne pas rester enfermé dans une case.
Que ce soit avec un vieux reflex acheté d’occasion ou un boîtier dernier cri, le meilleur conseil que je puisse vous donner est simple : sortez et pratiquez.
La photographie et la vidéo sont des terrains de jeu infinis, bien au-delà de toute considération matérielle.
Points Forts :
Points Faibles :
- Ergonomie et prise en mains
- Qualité, flexibilité et constance des fichiers RAW
- Gamme Optique L de haute qualité et bien pourvue
- Une douceur dans le déclenchement
- Colorimétrie et teintes de peaux
- Autofocus diablement efficace
- Partie vidéo qui commence à se stabiliser
- Gamme optique parfois intéressant à moindre coût(100-400mm; 24mm Macro, 24-105 F/2,8 etc…)
- Monture fermée en plein format
- Gamme optique STM un peu moyenne en prestations
- Certaines limitations pas toujours très claires dans les menus
- Tracking autofocus toujours à la traine
- Delta prix entre les optiques entrée de gamme et la série L

